24/02/2026

Aide à mourir : où en est la proposition de loi ?

Le votre solennel de l’Assemblée nationale sur la proposition de loi sur l’aide à mourir aura finalement lieu mercredi 25 février.

Nous voici arrivés à l’épilogue de la 2e lecture de la proposition de loi sur l’aide à mourir à l’Assemblée nationale. Le vote solennel n’aura pas lieu le mardi 24 février, mais le mercredi 25 février, en raison des nombreux amendements qui n’ont pas été examinés.

La deuxième lecture en séance plénière à l’Assemblée nationale a été marquée par la poursuite du rejet quasi systématique de tous les amendements de prudence :

  • Refus d’exclure la souffrance psychologique seule comme critère unique d’éligibilité à l’euthanasie et au suicide assisté
  • Refus d’inclure la consultation d’un psychiatre ou d’un neurologue lorsqu’il existe un doute sur le discernement de la personne
  • Refus de vérifier, par le médecin chargé d’instruire la demande, que la personne demandeuse ne fait l’objet d’aucune pression financière, sociale ou provenant de son entourage
  • Refus d’inclure le recueil de l’avis des « proches qu’elle désigne » comme possibilité offerte au choix de la personne dans le cadre de la procédure collégiale
  • Rejet de l’obligation faite au médecin spécialiste chargé de rendre un second avis sur la demande d’examiner le malade, en plus de l’examen du dossier médical
    Modestes consolations : les mineurs et les ressortissants étrangers sont encore exclus du champ de la loi. Mais des brèches permettant d’élargir le droit à la mort programmée ont été ouvertes :
  • Suppression du caractère « constant » de la souffrance justifiant l’euthanasie ou le suicide assisté
  • Le point culminant de cette désolante marche forcée est intervenu jeudi 19 février avec le vote d’un amendement laissant au patient le choix entre l’euthanasie et le suicide assisté, alors que, jusque-là, le texte prévoyait le suicide assisté, sauf si celui qui veut mourir n’en est physiquement pas capable.
    Cet amendement, qui aggrave encore considérablement le texte, en particulier pour les soignants opposés à celui-ci, réjouit au fond les promoteurs de la mort programmée, mais fait peser le risque que la proposition de loi devienne inacceptable pour un nombre important de députés qui y étaient jusque-là favorables.
    Face au risque de rejet du texte, Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale et soutien forcené de celui-ci, a décidé de soumettre de nouveau cet amendement au vote des députés lundi. Quant à Olivier Falorni, rapporteur du projet de loi, il a dévoilé le fond de sa pensée pour appuyer cette seconde délibération en affirmant : « je ne voudrais pas que mardi prochain, parce que nous aurions souhaité avoir tout, au final nous n’ayons rien ». Tout est dit de la véritable intention de « tout » permettre en matière de mort programmée.
    La suite de la « navette parlementaire » exige une deuxième lecture au Sénat ; celle-ci commencera le 1er avril — ce n’est pas une farce, hélas. La farce aurait été de supprimer les élections municipales afin d’aller encore plus vite sur ce texte, qui est LA grande priorité du gouvernement…

Les AFC appellent chacun des députés à oser avoir le courage de dénoncer cette proposition de loi, en entendant la voix de la raison exprimée par les Français. L’Etat ne peut ni ne doit demander aux médecins d’abandonner leurs patients, aux familles d’abandonner leurs proches, ni à la société d’abandonner ses concitoyens.

Contre l’euthanasie, les AFC agissent !

Déjà en 2024 et 2025 :

  • Les AFC ont envoyé aux sénateurs leur enquête Fin de vie : la fabrique de l’opinion
  • Les AFC ont rencontré la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat, afin de présenter le documentaire au Sénat
  • En mai 2024, la mairie de Paris annule son affichage faisant la promotion de l’euthanasie suite au référé liberté initié par les AFC
  • En 2024, Les AFC ont soutenu le tractage organisé par Faim2Vie, l’association des conventionnels opposés à toutes formes d’euthanasie
  • La Confédération nationale a envoyé les livrets La fin de vie en question aux députés pour qu’ils se posent les bonnes questions au moment des débats dans l’hémicycle.
  • Une lettre signée par 44 médecins a été envoyée au Conseil national de l’Ordre des médecins, pour lui demander une position ferme sur l’aide à mourir.

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