Que laisserons-nous de nous ?
Les vacances sont propices à la réflexion. L’été dernier, en vivant aux côtés de mes parents, j’ai médité sur le temps qui passe, et sur la succession des générations.
Que puis-je transmettre ?
Que laissons-nous de nous en quittant cette terre ? Et que pouvons-nous faire pour que notre empreinte sur le monde soit la plus positive possible ? Finalement, me suis-je dit, le principal legs que nous laissons au monde, ce sont nos enfants. Je suis fascinée par les traits de caractère que je possède et que je retrouve chez eux. Et je me suis souvent interrogée : puis-je choisir ce que je leur transmets ?
Ma génétique ? bien évidemment pas – hé oui, ma fille, tu porteras des lunettes et un appareil orthodontique.
Mes traits de caractère ? Je les lègue par l’exemple que je leur donne. Cet exemple est conscient… et bien souvent inconscient.
Mes valeurs, mes convictions religieuses et politiques ? Sur ce plan, l’expérience vaut mieux qu’un long discours. Mes enfants apprennent de moi par la manière dont je le vis. Mes adolescents savent bien secouer ces valeurs pour voir si elles sont solides et ne manquent pas de relever mes contradictions.
Mon patrimoine ? En leur transmettant le fruit du travail de ma vie, peut-être à partager avec quelques bonnes œuvres que je choisirai, j’aimerais contribuer à leur aisance financière tout en les encourageant à rester libres par rapport aux biens matériels.
Un mode de vie ? certainement, et avec une langue maternelle, une culture, un pays.
Mon expérience ? De ce côté-là, pas moyen de transmettre. J’aimerais pourtant tellement leur transmettre ce que j’ai vécu, pour qu’ils aillent plus vite à l’essentiel et profitent de mes erreurs.
Ce qu’on choisit de transmettre
Finalement, il n’y a pas forcément grand-chose que je choisis de transmettre. La question n’est donc pas forcément que transmettre, mais comment transmettre. La cousinade qui réunit plusieurs générations à l’occasion des fêtes est chez nous un lieu puissant de transmission, un moment qui contient toutes les transmissions possibles et beaucoup de joie. Ce sont des souvenirs qu’on n’oublie pas. Après ces moments lumineux, reste le quotidien, parfois routinier. Il est le moment le plus banal mais celui où tout “s’infuse”.
Nos enfants ne nous appartiennent pas mais ils tiennent de nous, héritent de notre socle pour continuer la chaîne. Ils doivent s’autoriser à être différents pour commencer avec une page blanche à écrire. J’essaie d’œuvrer tous les jours pour que cet héritage ne soit pas une valise trop lourde à porter mais une chance.