Fin des réseaux 2G et 3G : comment anticiper ?
10 mars 2026
Après plus de vingt ans de service, les réseaux mobiles 2G et 3G sont progressivement arrêtés en France. Les opérateurs souhaitent désormais concentrer leurs investissements sur les technologies plus récentes, comme la 4G et la 5G. Si cette évolution accompagne les nouveaux usages numériques, elle peut aussi entraîner des difficultés pour certains consommateurs dont les équipements reposent encore sur ces anciens réseaux. Pour éviter toute interruption de service, il est important d’anticiper dès maintenant la transition.
Des technologies historiques de la téléphonie mobile
Une évolution des réseaux depuis les années 1990
Les technologies 2G et 3G ont été déployées en France respectivement dans les années 1990 et 2000. Elles ont permis le développement de la téléphonie mobile grand public, d’abord pour les appels et les SMS, puis pour les premiers usages d’internet mobile.
Avec le temps, de nouvelles générations de réseaux ont été mises en place. La 4G puis la 5G offrent des débits beaucoup plus élevés et permettent de répondre à l’augmentation massive des usages numériques. Aujourd’hui, ces technologies prennent déjà en charge l’immense majorité des communications mobiles. Selon les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques, plus de 99,8 % des sites d’émission 2G et 3G sont désormais équipés de 4G.
Des équipements qui utilisent encore ces réseaux
Si la plupart des smartphones récents fonctionnent déjà sur les réseaux 4G ou 5G, certains équipements continuent à dépendre exclusivement de la 2G ou de la 3G. C’est notamment le cas de certains systèmes d’alarme ou de chauffage connectés, de dispositifs de télésurveillance ou de téléassistance destinés aux personnes âgées ou fragiles.
D’autres équipements peuvent également être concernés, comme les téléalarmes d’ascenseurs, certains visiophones connectés, des dispositifs médicaux ou encore des téléphones mobiles anciens. Dans ces situations, l’extinction des réseaux pourrait entraîner l’arrêt du service si aucune adaptation n’est réalisée.
Un calendrier d’extinction progressif selon les opérateurs
Des dates différentes
Chaque opérateur a annoncé son propre calendrier d’arrêt des réseaux 2G et 3G. Les premières fermetures interviendront à partir de 2026. Chez Orange et SFR, la 2G devrait être arrêtée à la fin de l’année 2026. Bouygues Telecom prévoit également l’arrêt de la 2G à la fin de l’année 2026, avec un début de fermeture annoncé à partir du 31 mars 2026.
La 3G sera maintenue un peu plus longtemps mais disparaîtra progressivement entre 2028 et 2029 selon les opérateurs. Free Mobile n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour l’extinction de la 2G, mais prévoit l’arrêt de la 3G à l’horizon 2028. Ces échéances restent susceptibles d’évoluer en fonction des annonces des opérateurs.
Une transition déjà engagée
Dans la pratique, cette transition est déjà largement amorcée. La majorité des communications et des usages internet passent désormais par la 4G. L’extinction des anciens réseaux correspond donc surtout à une réorganisation technique visant à libérer des ressources et à moderniser les infrastructures.
Pourquoi les opérateurs mettent fin à la 2G et à la 3G ?
Des raisons de sécurité et de performance
Les technologies les plus récentes offrent un niveau de sécurité supérieur. Les protocoles de chiffrement et les systèmes d’authentification utilisés sur les réseaux 4G et 5G sont plus robustes et mieux adaptés aux menaces actuelles. L’arrêt des technologies plus anciennes contribue ainsi à renforcer la sécurité globale des communications.
Les performances constituent également un facteur déterminant. Les réseaux 4G et 5G permettent des vitesses de téléchargement beaucoup plus rapides et une meilleure qualité de service pour les utilisateurs.
Une meilleure utilisation des fréquences et de l’énergie
La 2G et la 3G ne représentent aujourd’hui qu’une part très faible du trafic mobile. Leur maintien mobilise pourtant des fréquences radio et des infrastructures techniques importantes.
En arrêtant ces réseaux, les opérateurs peuvent réutiliser ces ressources pour renforcer la capacité et la couverture de la 4G et de la 5G. Cette évolution permet également de réduire la consommation énergétique globale des réseaux.
Un impact financier à anticiper pour certains consommateurs
L’extinction des réseaux 2G et 3G peut avoir des conséquences financières pour les consommateurs. Les équipements qui reposent uniquement sur ces technologies devront être remplacés pour continuer à fonctionner.
Pour les téléphones mobiles, cela peut impliquer l’achat d’un appareil compatible avec la 4G ou la 5G. Si les mobiles simples compatibles 4G (30 à 80€) et les smartphones d’entrée de gamme (100 à 200€) sont aujourd’hui relativement accessibles, ce coût peut néanmoins représenter une dépense imprévue pour certains ménages, notamment pour les personnes âgées ou les utilisateurs qui avaient conservé un téléphone simple fonctionnant uniquement en 2G.
Les dispositifs connectés peuvent représenter un coût plus important. Le remplacement d’un système d’alarme, d’interphone, de gestion du chauffage ou d’eau, d’un module de télésurveillance ou d’un dispositif de téléassistance peut nécessiter l’achat d’un nouvel équipement ou la mise à niveau du matériel existant (200€ à 600€ pour le remplacement d’un système complet).
Dans certains cas, cela peut également entraîner des frais d’installation ou une modification du contrat de service. Pour les copropriétés ou les petites structures, la mise à niveau d’équipements collectifs — comme les téléalarmes d’ascenseurs ou certains systèmes de sécurité — peut également générer des dépenses supplémentaires (600 à 1 800 € par ascenseur).
Comment les consommateurs peuvent anticiper
Faire un diagnostic de ses équipements
Pour les particuliers comme pour les petites structures, la première étape consiste à identifier les équipements qui pourraient encore fonctionner exclusivement sur la 2G ou la 3G. Il peut s’agir d’un ancien téléphone mobile, d’un système d’alarme, d’un dispositif de télésurveillance ou d’un appareil connecté installé depuis plusieurs années.
En cas de doute, il est conseillé de contacter le fournisseur du service ou du matériel. Celui-ci pourra indiquer si l’équipement est compatible avec les réseaux actuels ou s’il devra être remplacé.
Se méfier des solutions temporaires
Certaines solutions de substitution peuvent sembler possibles à court terme, mais elles ne sont pas toujours pérennes. C’est notamment le cas des offres reposant sur le réseau téléphonique cuivre et sur le réseau téléphonique commuté (RTC). Or ce réseau est lui aussi en cours d’extinction progressive. La fermeture commerciale est prévue pour janvier 2026 et la fermeture technique devrait intervenir d’ici 2030.
Dans ce contexte, il est préférable de privilégier directement des équipements compatibles avec les technologies les plus récentes.
L’accompagnement des consommateurs, un enjeu essentiel
Pour la CNAFC, cette évolution technologique ne doit pas laisser certains usagers de côté. Les consommateurs doivent être clairement informés par les opérateurs et les fournisseurs d’équipements afin d’anticiper les éventuels remplacements nécessaires.
Les personnes âgées, les ménages peu équipés ou encore les utilisateurs de dispositifs de sécurité ou de téléassistance doivent bénéficier d’une attention particulière. Une transition bien accompagnée permettra d’éviter des interruptions de service qui pourraient, dans certains cas, entraîner des conséquences importantes dans la vie quotidienne.
Source principale : l’ARCEP (régulateur des télécoms)
Source gouvernementale (transition numérique) : Direction générale des entreprises
Ministère de la Transition écologique
Annonces des opérateurs télécoms – dates d’arrêt des réseaux